Mercedes Classe A 200 : moteur Renault ou Mercedes ?

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Oui, la Mercedes Classe A 200 est équipée d’un moteur Renault, plus précisément le bloc essence 1.3 TCe co-développé avec Renault-Nissan. Ce moteur de 163 ch équipe plusieurs modèles Mercedes depuis 2018. Voici ce que nous allons détailler pour vous :

  • Les raisons stratégiques de ce partenariat entre deux constructeurs emblématiques
  • L’historique complet de la collaboration Renault-Mercedes
  • La liste exhaustive des moteurs partagés et leurs caractéristiques techniques
  • Les méthodes concrètes pour identifier l’origine du moteur de votre véhicule

Nous vous expliquons tout ce qu’il faut savoir sur cette alliance industrielle qui a bouleversé les codes de l’automobile premium.

Pourquoi Mercedes utilise des moteurs Renault ?

La décision de Mercedes d’intégrer des moteurs Renault répond à une logique industrielle et financière parfaitement rationnelle. Mercedes, historiquement reconnu pour ses imposants 6 cylindres en ligne et ses V8 prestigieux, excellait sur les motorisations haut de gamme destinées aux Classe E, Classe S ou AMG. Le constructeur allemand ne disposait pas dans sa gamme de petits moteurs modernes adaptés à ses véhicules compacts comme la Classe A, la Classe B ou le GLA.

Développer de nouveaux blocs de faible cylindrée représente un investissement colossal, rarement rentabilisé sur les modèles d’entrée de gamme. Nous parlons de plusieurs centaines de millions d’euros pour concevoir, tester et industrialiser une famille de moteurs.

Renault, à l’inverse, s’est bâti une réputation solide sur les motorisations compactes. Le constructeur français maîtrise parfaitement les 3 et 4 cylindres essence et diesel, avec des blocs éprouvés comme le 1.5 dCi, véritable référence en matière de fiabilité et d’efficience.

Le partenariat permet aussi de répondre aux normes environnementales de plus en plus strictes imposées par l’Union Européenne. Les seuils de CO2 obligent les constructeurs à proposer des motorisations sobres, sous peine d’amendes considérables. Cette stratégie n’est pas une exception dans l’industrie automobile : BMW s’est associé à Peugeot pour développer le moteur essence 1.6 THP, tandis que PSA et Ford ont partagé leurs diesels.

Le partenariat Renault-Mercedes en bref

L’alliance entre Renault-Nissan et Daimler (maison-mère de Mercedes) démarre officiellement en 2010 avec des échanges croisés de parts de capital. Chaque groupe prend 3,1% du capital de l’autre, scellant ainsi une coopération stratégique sur plusieurs fronts : motorisations, plateformes et véhicules utilitaires.

Dès 2011, les premiers moteurs Renault font leur apparition sous les capots Mercedes. Il s’agit principalement du 1.5 dCi, un diesel 4 cylindres développant entre 90 et 116 ch selon les versions. Ce bloc équipe rapidement la Classe A 180d, le GLA 180d et plusieurs autres modèles compacts de la marque à l’étoile.

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L’année 2018 marque un tournant avec le co-développement du moteur essence 1.3 TCe (code interne H5HT). Ce bloc moderne, fruit d’une collaboration tripartite Renault-Nissan-Mercedes, incarne la maturité du partenariat. Il développe de 115 à 163 ch et intègre des technologies de pointe comme la désactivation de cylindre chez Mercedes pour optimiser la consommation.

À partir de 2020, nous observons un ralentissement progressif de la coopération. Mercedes commence à délaisser certains moteurs diesel Renault, notamment pour ses voitures particulières. Le passage de Smart sous contrôle chinois et l’arrêt de la Twingo par Renault sonnent la fin de certains projets communs, même si le 1.3 TCe et les motorisations des utilitaires restent partagés.

Quels moteurs Renault sont utilisés chez Mercedes ?

La palette des moteurs Renault présents chez Mercedes couvre l’ensemble des énergies : diesel, essence et électrique.

Les diesels Renault chez Mercedes :

Le 1.5 dCi (code moteur K9K) fut le pionnier de cette collaboration dès 2011. Ce 4 cylindres développe de 90 à 116 ch selon les déclinaisons. Nous le retrouvons sur la Classe A 180d, la Classe B, le GLA 180d, le CLA et l’utilitaire Citan. Sa réputation de robustesse et sa consommation maîtrisée (autour de 4,5 l/100 km) en font un moteur apprécié pour un usage mixte.

Le 1.6 dCi (code moteur R9M) monte en puissance avec 130 à 160 ch grâce à une simple ou double turbocompression. Plus musclé, il équipe la Classe C 200d et le Vito. Ce bloc a été concerné par les enquêtes sur les émissions polluantes (Dieselgate).

Les essences Renault chez Mercedes :

Le 1.3 TCe (code moteur H5HT) représente la star actuelle du partenariat. Co-développé par les trois partenaires, ce 4 cylindres turbo offre de 115 à 163 ch. Nous le trouvons sur la Classe A 200, la Classe C et le Citan. Mercedes y ajoute sa technologie de désactivation d’un cylindre, permettant de réduire la consommation jusqu’à 20% en conduite stabilisée.

Les TCe 90 et TCe 110 (code moteur H4Bt) équipent principalement les Smart ForTwo et ForFour. Ces petits 3 cylindres turbo de 0,9 litre offrent un compromis intéressant pour la ville avec des consommations autour de 5 l/100 km.

L’électrique Renault chez Mercedes :

Le moteur R80 de 90 ch (environ 67 kW), fabriqué dans l’usine Renault de Cléon, équipe les Smart électriques. Ce moteur synchrone offre un couple immédiat de 160 Nm, idéal pour les démarrages en ville.

Mercedes Classe A 200 : moteur Renault ou moteur maison ?

La Mercedes Classe A 200 embarque bel et bien un moteur Renault, le 1.3 TCe développant 163 ch. Il s’agit d’un moteur co-développé avec Renault-Nissan, même si Mercedes y apporte ses propres calibrations et technologies.

Nous tenons à clarifier un point : ce moteur n’est pas simplement “posé” tel quel dans une Mercedes. Le constructeur allemand adapte l’électronique de gestion, ajoute sa technologie de désactivation de cylindre et calibre différemment les paramètres d’injection et de suralimentation. Le résultat ? Un moteur qui affiche 163 ch pour 250 Nm de couple, contre 160 ch pour 270 Nm sur la Renault Mégane équipée du même bloc.

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Les performances restent honorables : le 0 à 100 km/h s’effectue en 8,2 secondes et la vitesse maximale atteint 225 km/h. La consommation mixte oscille entre 5,5 et 6,2 l/100 km selon le type de conduite.

Liste des moteurs Renault installés sur les Mercedes

Voici un tableau récapitulatif des principaux moteurs Renault présents dans la gamme Mercedes :

TypeCode moteurCylindréePuissanceModèles Mercedes concernés
Diesel1.5 dCi (K9K)1,5 L90 – 116 chClasse A 180d, Classe B, GLA 180d, CLA, Citan
Diesel1.6 dCi (R9M)1,6 L130 – 160 chClasse C 200d, Vito
Essence1.3 TCe (H5HT)1,3 L115 – 163 chClasse A 200, Classe C 200, Citan
EssenceTCe 90/110 (H4Bt)0,9 L90 – 110 chSmart ForTwo, Smart ForFour
EssenceSCe 65/70 (H4Da)1,0 L65 – 70 chSmart ForTwo, Smart ForFour
ÉlectriqueR8090 ch (67 kW)Smart ForTwo Electric, Smart ForFour Electric

Cette collaboration s’étend aussi aux utilitaires avec le Mercedes Citan, qui n’est autre qu’un Renault Kangoo rebadgé et produit à Maubeuge. Le partage concerne également les plateformes : la Twingo III et les Smart ForTwo/ForFour reposent sur la même architecture.

Comment savoir si ma Mercedes a un moteur Renault ?

Vous vous demandez si votre Mercedes cache un moteur Renault sous son capot ? Nous vous donnons trois méthodes infaillibles pour le vérifier.

Première méthode : l’appellation du modèle

Les Mercedes équipées de moteurs Renault portent généralement des appellations spécifiques. Si vous possédez une Classe A, une Classe B, un CLA ou un GLA avec les désignations 180d, 200 ou A200, les probabilités sont très élevées. Les modèles diesel en 180d (moteur 1.5 dCi) et les essences en 200 (moteur 1.3 TCe 163 ch) utilisent systématiquement des blocs Renault depuis 2011 pour le diesel et 2018 pour l’essence.

Deuxième méthode : la carte grise

Consultez le champ D.2 de votre carte grise, qui indique le code moteur exact. Si vous y lisez des codes comme K9K, R9M, H5HT, H4Bt ou H4Da, il s’agit à coup sûr d’un moteur Renault. Vous pouvez ensuite croiser cette information avec les bases de données techniques des deux constructeurs pour confirmer l’origine exacte du bloc.

Troisième méthode : l’année de production

L’historique du modèle constitue un excellent indicateur. Les moteurs diesel Renault (1.5 dCi) apparaissent dès 2011 sur les Mercedes. Pour les moteurs essence 1.3 TCe, il faut attendre 2018. Si votre Mercedes compacte date d’avant ces périodes, elle possède encore un moteur Mercedes d’ancienne génération.

Nous recommandons de croiser ces trois indices pour une certitude absolue. Sachez que posséder un moteur Renault dans une Mercedes n’affecte en rien la qualité de votre véhicule. Ces blocs ont fait leurs preuves en termes de fiabilité, et Mercedes maintient ses standards d’assemblage et de finition, quelle que soit l’origine du moteur. Pour un usage quotidien urbain ou mixte, le 1.3 TCe de la Classe A 200 offre un excellent compromis entre performances, consommation et agrément de conduite.

Écrit par

Thomas

Thomas est passionné de mécanique et co-fondateur de rs-motorsport.fr aux côtés de Julie. Ensemble, ils ont créé ce site pour partager leur passion de l’automobile et des deux-roues avec un large public. Thomas se concentre sur les aspects techniques et les essais de véhicules, tandis que Julie s’occupe des tendances, de l’équipement et de l’actualité du secteur. Leur complémentarité fait de rs-motorsport.fr une référence pour tous ceux qui cherchent des conseils fiables et des contenus accessibles dans l’univers auto-moto.

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